C'est fini de rigoler, lançons nous dans une guerre à l'échelle du système solaire. Un bon petit space-opera de rerrière les fagots, voilà de quoi réveiller tout le monde. Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est un space opera, il s'agit d'un opéra spatial de Star wars. Des gros vaisseaux bien badass, des planètes qui se font la guerre, et des extraterrestres en veux-tu, en voilà. Pour m'abaisser à votre niveau, je dirais qu'il s'agit d'un Game of Thrones saptial. Promis, je vais mettre le mot dans les tags, pour multiplier par 10 le nombre de vues. Vous avez remarqué comment tous les bloggeurs et journalistes ramènent chaque sujets à cette série ? Dès qu'il y a un minimum de jeux de pouvoir ou de guerre, ils s'y vautrent. Même l'éditeur du roman dont je vais vous parler le fait. Rendez-vous compte : il a été écrit par l'assistant de George Martin ! Celui-là même qui lui faisait ses revue de presse et imprimait son manuscrit !

Promis, Ned Stark ne va pas mourir dans ce livre.

Plus sérieusement, quoi de mieux qu'une petite guerre spatiale ? Des enjeux un poil plus imposants que ceux de notre simple planète, de la haute technologie, l'exploration de l'univers, accompagné d'un mépris exacerbé pour la physique (relativité, explosion sonores dans le vide spatial...). Le hic, c'est que je suis assez flemmard, je n'aime pas apprendre le nom imprononçable d'une demi-douzaine de mondes inconnus. Du coup, la saga the expanse est faite pour moi : tout se passe dans un espace connu de tous : le système solaire. Vachement plus simple à situer. Mais trève de blablas, partons à l'aventure. Vers l'infini et... TA GUEULE !

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Tout commence avec Juliette. Elle est enfermée dans une cellule d'un vaisseau (le Scopuli) investi par des pirates qui passent le temps en jetant dans l'espace des compagnons de la fille. Une bien triste situation, je vous l'accorde. Au bout d'un moment, elle n'entend plus les copains de Jack Sparrow faire la teuf, ce qui lui donne la bonne idée d'ouvrir la porte. Plus personne. Elle appelle (la chose la plus intelligente à faire : comme ça, tous les méchants savent qu'elle s'est échappée...). Dans la salle des machines, elle trouve une boue bizarre, proche de la chair humaine, qui a a tête du capitaine du vaisseau et dit "aidez-moi...". A ce moment précis, Julie, et le lecteur se font pipi dans la culotte.

Passons à Holden, capitaine d'un transport de glace, dont la mission est de livrer en glaçons tout les bars de la ceinture d'astéroïde (entre Mars et Jupiter, pour les noobs qui connaissent pas leur géographie). Son vaisseau, le Canterbury reçoit un appel de détresse du Scopuli (dingue comment l'intrigue du roman est bien ficelée dès le début !!!), et la loi étant ce qu'elle est (c'est à dire qu'elle fait chier les honnêtes gens), il est obligé de répondre à l'appel. Comme il est obéissant, et surtout qu'il se fait chier avec sa cargaison, il y va. Il trouve le vaisseau en ruine, mais à ce moment là, ils se font canarder par une bande de sacré déconneurs qui ont écrit en gros sur leur vaisseau : "Mars Represent". Holden arrive à se sauver dans une navette de sauvetage.

Pendant ce temps, Miller est inspecteur de police sur Cérès, un planétoïde entre Mars et Jupiter. Il enquête sur une histoire de femme cocu qui se venge, ou une saloperie aussi intéressante que ça, quand sa patronne le contacte. Elle lui confie une mission semi-officieuse : retrouver Juliette Mao, fille d'une riche famille qui a disparu. A peine plus satisfait de cette enquête que de la précédente (les querelles de famille, c'est pas top). Un message est envoyé dans tout le système solaire : "Martiens bande d'enculés, allé niké vos races ! signé Holden". Le soucis, c'est que les propos de la sorte ne sont pas très bien acceptés par la population de Cérès, et des émeutes se déclenchent un peu partout. Des punks à chien se foutent sur la gueule contre des skins, et c'est pas jojo à voir. Miller a donc la double tâche de préserver le calme sur Cérès, et d'enquêter sur la gosse de riches en pleine crise d'ado.

La lune remporte le concours de quéquette !

Un vaisseau-mère martien demande à la navette de Holden d'accoster pour régler le différend. Après quelques hésitations : fuir et vivre, ou se faire bousiller la gueule par des martiens armés jusqu'aux dents qui leur ont déjà tiré dessus, et qu'ils ont insulté. On les comprend. Du coup, après avoir voté avec les membres restants de l'équipage, ils y vont. Ils sont récupérés, enfermés dans une cellule. Holden est interrogé de manière évasive, on applaudit sa capacité à être franc, puis on le renvoie dans la cellule. Aura-t-il je job ? Rien n'est moins sûr. De retour avec ses compagnons, le vaisseau se fait attaquer, tout pète, et un éclat d'obus arrache la cloison extérieure de la cellule. Quelque chewing-gum plus tard, les équipiers réalisent qu'ils ont perdu leur médecin de bord. Tant pis, Holden avait justement une verrue à faire crammer. Faudra attendre. Le vaisseau est investis par des ennemis, et le capitaine vient chercher ses prisonniers pour les sauver avant de se faire descendre.

Sur Cérès, l'enquête avance lentement, entre deux-trois scènes d'actions causées par les racailles indépendantistes. Justement, il semble que Julie soit affiliée à l'APE, sorte de front de libération de la Bretagne, mais à l'échelle du système solaire, qui revendique que les planètes plus loin que Mars soient indépendantes. Miller fouille la chambre de la fille, et n'y trouve ni string, ni capote pleine dnas la poubelle. En revanche, il tombe sur des mails échangés avec sa maman où elle lui dit qu'elle ne lui enverra plus de colliers de nouilles, tandis que la mère la menace de ne pas lui envoyer d'étrennes cette année si elle ne lui envoie pas de jolies cartes postales du coucher de soleil de Cérès. Je sais que je devrais pas donner mon avis dans une critique, mais moi, pour la fête des mères, j'ai offert un portrait du maréchal Pétain, vu que c'est lui qui a inventé.

Bref... Puis, il va chez son professeur de judo, et ensuite il est contacté par un agent de l'APE qui lui dit d'arrêter tout de suite l'enquête. Voilà bien de quoi relancer l'intérêt du lecteur, et aussi de Miller qui se demandait bien s'il ne devrait pas se mettre à interroger l'éboueur du quartier pour savoir s'il n'avait rien trouvé de suspect dans les poubelles de Julie comme par exemple le papier dans la poubelle des non-recyclables.

Des martiens qui s'ennuient : on sait pourquoi ils se mettent à attaquer des vaisseaux

Quelque révoltes à mater plus tard, le patron de Miller lui retire la mission. Le soucis, c'est qu'il commençait à s'y faire, et puis, comme il enquêtait sur son temps libre, il cumulait des RTT. Il se pose alors une question : puisqu'on lui enlève cette responsabilité, ne serait-ce pas parce que c'est une brèle de conquantenaire, divorcé, presque alcoolique et surtout incompétent ? Il apprend par le même coup que l'APE, qu'il imaginait responsable de tout ce merdier interplanétaire est innocent. Du moins, c'est ce que l'agent qu'il recroise lui affirme. Mais alors, qui ?

Holden a quant à lui réussi à se sauver dans une navette du vaisseau-mère avec ses camarades, même si l'un d'eux a une jambe bousillée. Qu'à cela ne tienne : on remet les os en place sans anesthésie, une petite pommade et le bisou réparateur, et c'est reparti comme en 40 : c'est quand même bien la médecine du futur ! Ils sont recueillis dans la station Tycho, rencontrent Fred qui leur apporte son aide : il leur propose de les embaucher pour l'entretien de la photocopieuse. Il leur dit qu'ils ont une grande valeur, puisqu'ils peuvent témoigner que les martiens sont des enfoirés. Marché conclu. Voici l'équipage embauché, leur navette est tunée pour l'occasion avec des gentes chromées, des caissons de basse pourris, des néons en dessous, et aussi des canons, pour le swag. Ainsi camouflés, ils vont faire une livraison sur Eros.

Désormais en free lance, Miller épluche les dossiers des différents spatioports de la ceinture. Faut bien s'occuper quand on est au chômage, vu que les programmes télé ont pas changé au cours des décennies : toujours Motus et Derrick, ça lasse. Il découvre qu'il y a un vaisseau étrange qui se dirige vers Eros... PUTAIN ! C'est trop bien ficelé, cette affaire : les deux récits vont au même endroit ! Ils vont peut-être se croiser ! Trop cool ! hum, pas d'emballement.

Ca ressemble à rien, c'est moche, passez vos vacances sur Eros !

On se retrouve en toute logique sur Eros. Holden a l'étrange impression d'être suivi par un type qui s'habille comme un inspecteur au chômage qui enquêterait sur la disparition d'une certaine Juliette Mao, fille d'un riche entrepreneur, mais il n'en est pas certain. Au détour d'un couloir, lui et son équipe se font attaquer par une bande d'affreux qui leur tirent dessus à tire-larigot, et celui qui les suivait les défend vaillament. C'est donc un copain !

Ils se rendent dans un hôtel où ils ont rendez-vous avec un certain Lionel Polanski. Miller, lui, doit retrouver Juliette. Lionel, qui n'est pas le dernier pour la déconne, n'est pas présent. Juliette, elle, les attends. Enfin, son cadavre plus exactement, complètement déformé par on ne saurait dire quelle maltraitance. Une bouillie humaine. On pourrait croire que l'enquête de Miller est terminée, qu'il peut rentrer chez lui, vu qu'il a retrouvé Juliette. Mais non, parce que maintenant, il veut savoir comment ça lui est arrivé. Il a de la suite dans les idées, le gaillard. Appelez comme vous voulez : obstination, maniaquerie, acharnement. Mais t'es au chômage : tu devrais en profiter pour faire des paris PMU !! Allez, c'est reparti pour 300 pages !

A de moment précis, une alerte résonne dans tout l'astéroïde aménagé : une brèche a été ouverte, toute la population d'Eros doit être confinée. Sauf que Miller a des doutes. L'un des vigiles qui gère la population lui rappelle étrangement l'un des déconneurs qui avait subtilisé les équipements anti-émeute de Cérès (d'où le nombre d'émeutes importants). Ils se planquent dans un local poubelle, le temps que la foule décarre de là, puis, ils reprennent la progression et tombent sur une salle avec des dizaines de gisants empoisonnés par ce qui semble être un virus.

Ce que tout le monde ferait en découvrant qu'un virus terrifiant, dopé aux radiations rôde dans la chambre à coucher, c'est de fuir. Ce que font nos personnage, preuve qu'ils sont comme tout le monde. Bon, ils sont un peu freinés par les gros vigiles du coin, mais dans l'ensemble, ils s'en sortent.

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Pour poursuivre l'enquête, ils ont très envie de retourner au Scopuli, scène de crime originelle, pour comprendre ce qu'il y a de pourri dans le système solaire. Il n'y a plus d'attaquants comme c'était le cas au début du livre, et c'est tant mieux. Ils peuvent entrer sans se faire repérer. Ils trouvent les corps des passagers, et surtout, fouillent l'historique des ordinateurs de bord. La scène n'évoque ni Youporn, ni Jacky et Michel, mais apporte son lot de rebondissements. On voit la scène du début vu de l'extérieur : l'attaque des pirates de l'espace, la contamination, la mort de tout le monde. Une autre vidéo retient tous les intérêts. Le PDG de Protogène annonce la découverte d'un virus, sur une lune de Saturne. Le virus aurait la capacité, outre de donner une chiasse carabinée, de "modeler" la vie. Il proviendrait de l'extérieur du système solaire, et même les vaccins de Bachelot ne pourraient pas le contrer ! La guerre spatiale ne serait qu'une diversion de la firme pour pouvoir mener des expériences à échelles humaines. Ben oui, comme les vegan et autres Brigittes Bardot sont opposés aux expériences sur les animaux, faut bien se rabattre sur l'homme. Je comprends leur position.

De retour dans le vaisseau, Holden a la furieuse envie de révélé la découverte à tout le monde qu'il croisera, en commençant par sa femme de ménage. Miller lui rappelle que la dernière fois qu'il a posté un tweet, ça a été plus catastrophique qu'un tweet de Trierweiler. Mais Holden persiste : il faut qu'il tweet !

Ils sont maintenant en route pour une station de construction spatiale, Tycho, dont le PDG est Fred. Ce dernier a lancé la construction d'un vaisseau mormons qui ont envie de se ballader dans l'espace comme tout le monde, et ils ont bien raison. Faudra que je pense à me convertir, un de ces quatre. Ensemble, ils décident d'aller trouver le patron de Prtogène pour avoir des explications entre hommes viriles. Peut-être qu'ils pourront faire un bras de fer, après !

Les mormons ont volé le vaisseau du roman dominium mundiLa mission ne se passe pas vraiment idéalement, puisque Protogène est bien gardé, mais ils arrivent quand même à atteindre la sonnette de la porte d'entrée. La directeur général les accueille avec une amabilité certaine mais toute relative. Tout cela déplaît à Miller, qui en plus de ça arrive avec un peu de retard à cause des tirs de pistolaser dans les couloirs (ça ralentirait pas mal de monde), et l'ex-flic tire sur le patron au moment où celui se lance dans un rire de méchant après avoir expliqué son plan diabolique. C'est con, il aurait pu se retenir, les statistiques s'élèvent à une chance sur une de mourir après qu'on ait révélé son plan diabolique.

 

Fin de l'histoire, Holden fait la gueule à Miller. Le divorce est consommé, et le capitaine squatte facebook et saute une des membre de son équipe. Faut dire, ça faisait sept ans qu'ils voyageaient dans la même galère, alors on comprend aisément ce besoin vital.

Retour à Tycho. Pendant qu'Holden continue de faire du boudin, Miller commence à chercher du boulot, mais les services de recherche d'emploi n'ont pas évolué depuis le 21e siècle. Il fini par se faire embaucher par Fred, qui lui explique une idée qu'il a eue la nuit dernière. A l'inverse du PDG de Protogène, c'est un plan de gentil, donc Miller va pas le buter. L'idée est toute bête : il faut éviter qu'Eros contamine tout le monde avec ses virus mutants. Il faut donc lancer l'astéroïde dans le soleil. On oublie qu'il s'agit quand même de la deuxième station aéroportuaire du système solaire, ce n'est pas important. Pour ce faire, quoi de mieux que de lancer dessus le vaisseau mormon bourré d'armes nucléaires ? (Bon, d'accord, je ne me convertirais pas... Si c'est pour utiliser un vaisseau de la sorte, non, quoi... Il y a des règles, merde !)

Des spationautes mormons en combinaison.

Deux équipes donc : celle qui va lancer le vaisseau, et celle qui va, au péril de sa vie, pénétrer Eros pour y mettre quelque pétards thermonucléaires. On constate que la loi contre la prolifération nucléaire n'a jamais été votée, ce qui est une bonne chose, j'envisage d'utiliser une cherge contre mon voisin de pallier qui met la musique trop fort.

Vous l'aurez devinez, c'est Miller qui va monter sur Eros. C'est pas la faute de l'auteur, c'est Holden qui voulait !

Le vaisseau générationnel, qui a demandé, je le rappelle, au moins  une semaine de travaille, est lancé, il se rapproche d'Eros, mais à ce moment précis, diantre, l'astéroïde fait une feinte, dévie de la trajectoire et accélère en direction de la terre. Ca sent un peu mauvais, cette affaire. Heureusement, Miller est là, et il se dit qu'il ferait mieux de trouver Julie, où ce qu'il en reste. Comme il en est secrètement amoureux, il se dit qu'il n'aura pas de mal à la trouver, mais il doit quand même déambuler longtemps dans l'astéroïde lancé à pleine vitesse. Partout, il y a des cadavres en cours de recomposition par le virus.

Enfin, il retrouve un bout de Julie (c'est ses parents qui vont pas être contents), et il lui fait un bisou réparateur après lui avoir fait changer de trajectoire à Eros. Direction Vénus !

L'humanité est sauvée, l'ex-flic alcoolique est mort dans les bras tentacules appendices de Julie, Fred a une promotion, je me suis enfilé un bouquin de 625 pages. Bref, il y a de quoi ouvrir le champagne, mais tout n'est pas rose : la preuve, un tome 2 vient de sortir, faisant 600 pages au garot, lui aussi. Mes insomnies ont de beaux jours devant elles.

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Ce que j'ai pensé du livre ? Quelque grosses ficelles au niveau de l'enquête policière (Miller tombe amoureux de Julie sans lui avoir seulement parlé, le fait qu'on lui enlève l'enquête sans prévenir, juste pour l'embêter... mouais). Malgré ses quelque longueurs, c'est de la bonne came ! Les enjeux deviennent de plus impressionnants (guerre larvée dans le système solaire, entreprise sans scrupule, puis évidemment, virus surpuissant), et c'est exactement ce que je cherche dans du space opéra. Pas la place pour les petites intrigues, il faut du grand, du badass, du merdier à grosse échelle, qu'on oublie le trio lepen sarko hollande, qu'on pense à autre chose que les minables forfaitures de daesh, même pas foutus d'imaginer un plan correct d'invasion du monde.

De quoi me donner envie de découvrir la suite. En un mot comme en cent, j'ai le sentiment que cet été sera spatial ou ne sera pas, c'est moi qui vous le dit ! Au programme, un bouquin de vulgarisation, H2G2, et évidemment, la suite de the expanse. Un beau programme en perspective !