Vous savez quoi ? J'en ai un peu marre. Marre des romans avec des morts. Marre des films avec des morts, marre du JT avec de smorts. J'en arrive même à en avoir marre des gens que je plante avec mon poignard et qui finissent morts. Trop de morts partout, de quoi vous rendre malades. A plus forte raison quand ces morts finissent couverts de mouches à cadavres. Oui, j'en ai marre des animaux morts que je mange, des plantes mortes que je mange. Ce monde est un vrai charnier.

josh_kirb-mort

Du coup, pour me détendre, je vais lire un roman un peu plus plaisant. Mortimer, le quatrième roman des Annales du Disque-Monde, de Terry Pratchett (un écrivain mort il y a quelque semaines). Un roman qui va nous parler d'un personnage haut en couleurs (noir, la couleur) , la MORT.

Je vous préviens tout de suite, la mort est un mâle, un mâle nécessaire. L'ensemble des verbes  ayant pour sujet la MORT dans ce texte seront conjugués au masculin, ce qui risque de signer l'arrêt de mort de mon correcteur orthographique.

Terry-Pratchett-les-annales-du-disque-monde

Mortimer, c'est un gamin de fermier qui a la particularité d'être un boulet tout ce qu'il y a de badass. Le soucis, c'est qu'il est aussi doté d'un désir d'aider à toute épreuve. Ces deux éléments ne font pas forcément bon ménage, et ses parents et premiers employeurs veulent s'en débarrasser. Ils font dans la culture rétro-annuelle : des céréales que l'on plante pour avoir une récolte potable l'an passé, avant le semis. Rendez-vous au marché des embauches de bon matin. Les clients passent toutes la journée sans s'arrêter. Première erreur des parents : ne pas vraiment mentir sur la marchandise, comme tout un chacun ferait sur e-bay. Minuit approche, et personne n'est intéressé. La plupart des vendeurs ont levé le voile. Mais, dans la nuit, un bruit de sabots résonne...

Il s'agit de Bigadin, le cheval de la MORT. Celui-ci cherche un apprenti, et ne trouve que Mortimer. Tant pis, il m'embauche quand même. Un stagiaire, c'est pratique : ça apporte du café et ça permet d'avoir des réduction d'impôts. Surtout, la MORT a envie de prendre des vacances, mais il a du travail par dessus la tête.

Première étape : une visite de la maison de la MORT. Une maison où les couleurs varient du noir au noir, occupée par la fille adoptée de la MORT, Ysabell, et Albert, le serviteur. "Bonjour tout le monde, comment ça va ? Je suis le stagiaire, vous voulez que je vous fasse des photocopies ?" C'est à peu près le contenu des propos de Mortimer ce jour là. Oui, je sais, il n'est pas très différent de tout les stagiaires, mais que voulez-vous ?

Au boulot. Première tournée sur le disque-monde, vagues explications du travail à fournir, bref, comme un vrai stage, quoi... A peine le temps de se faire une idée de ce que peut être la vie de la MORT (drôle comme blague, non ?), c'est le moment de la mise en pratique. La MORT laisse Mortimer en solo pour la deuxième tournée. Pas top. A leur façon, chaque mourant lui pose des problèmes. Le pire étant évidemment la dernière, une princesse qui se fait assassiner par un malandrin pour d'obscures raisons de trône. Mortimer se prend de pitié pour elle, et décide de ne pas l'emporter.

terrymortimer

Grossière erreur : le lendemain matin, rien ne va plus dans le château. Tout le monde porte le deuil sans savoir pourquoi. La princesse est à peine visible, et elle décide d'aller voir le mage Coupefin. Celui-ci lui fait tirer les cartes, et le résultat n'est pas très bon... Si, quand un cartomancien tire 3 fois de suites la carte de la mort dans un jeu qui ne contient qu'une seule fois la carte, c'est pas bon signe. La mauvaise nouvelle, c'est que la belle princesse devrait être morte. Calamité : que faire ?

De son côté, Mortimer est conscient de sa bourde. Mais il n'en parle pas à son patron lors de la réunion d'évaluation. Il faut trouver une autre solution. Il essaye d'avouer sa faute à Ysabell, puis se rend à son tour chez Coupefin. Qui dit que c'est vraiment la merde. En chemin, Morty a bien réalisé que la situation n'était pas fameuse : une bulle de réalité alternative s'est formée dans le monde. A l'extérieur : une réalité où la princesse est porte, et à l'intérieur, la princesse...

Pendant ce temps, la MORT passe du bon temps. Il danse la chenille, se bourre la gueule, pêche, mais il ne comprend pas quel plaisir les vivants peuvent en tirer. Plus tard, il va chercher du travail au pôle emploi local, mais son CV n'est pas des plus fourni en expérience pro.

Mortimer, de son côté, découvre en fouillant dans les archives de la mort qu'Albert, le serviteur est en fait le fondateur de l'université du Disque-Monde. Il a plus de 2000 ans au compteur, et sert la Mort pour ne pas mourir. Fier de cette découverte, Mortymer va le voir, mais Albert lui répond que c'est trop pas juste, qu'il a pas le droit de regarder dans son journal intime. "Mais c'était pour sauver le monde..." répond l'apprenti.

Paul-Kidby-Disque-Monde-Death

Après le départ du garçon, Albert cogite, et se dit que finalement, il peut bien le sauver ce putain de monde. Il retrouve ses vieilles fringues et se fabrique un chapeau en papier pour faire mage. Là, Christina Cordula apparaît pour l'engueuler, mais je m'égare. Il claque des doigts et se téléporte sous sa propre statue au coeur du campus de l'université. Passablement rebuté par la scrupture, il la bousille à grand renforts de boules de feu. Il réalise que l'université a bien changé : un oran-outang est bibliothécaire, et le boulet Rincevent en est l'assistant (je ne m'attarde pas plus sur ce personnage qui semble important, mais comme j'ai eu la bonne idée de commencer la saga par le tome 4, je ne peux que fermer ma gueule... Soit dit en passant, c'est bien la seule fois où le besoin de lire un autre ouvrage de la saga s'est fait sentir : Mortimer n'est pas une suite. Fin de la parenthèse, je commence à me sentir à l'étroit là-dedans).

Pendant ce temps, Mortimer a un mort à aller chercher sur le continent voisin. Comme son nom l'indique, c'est pas la porte à côté. Le gaillard prend son rôle de plus en plus à coeur, et il se met à parler comme la mort, c'est à dire tout en majuscules, ce qui est pénible pour tout le monde. Qu'un personnage du roman parle comme ça (la Mort), ça passe, mais si ils s'y mettent tous, rien ne va plus ! EST-CE QUE JE VAIS ECRIRE TOUT MON POST COMME CA, MOI ?!?!

A l'université, Albert a réuni tout les grands mages, et ils se donnent tous la main dans une sorte de ronde (en bretagne, ils se seraient donné le petit doigt, mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas après avoir trop bu de chouchen ?) et invoquent la Mort. Mortimer est libéré de l'emprise maléfique et reparle normal. La logique voudrait qu'on ne l'appelle plus que Imer, mais ce roman est-il logique ?

Ils se lancent dans une nouvelle incantation pour en finir avec la malheur qui s'abat sur le monde. Non pas l'islamisme et le chômage, mais plutôt la bulle spatio-temporelle. Pour ce faire, il faut sacrifier un éléphant, mais, enième maladresse, le couteau sacrificiel dérape sur le cuir, blesse l'éléphant sans le tuer. Le pachiderme de cabre et écrase la princesse. Mortimer est est appelé pour récupérer, enfin, la princesse qui, il faut l'avouer, nous a bien fait chier à ne pas mourir pendant un paquet de pages.

Il arrive sur place, la récupère, et l'emmène dans la maison de la Mort. Ce dernier a eu vent de tout ce qui s'est passé, et se décide à foutre sa raclée au stagiaire. Un combat épique a lieu, faux contre épée. Le tout dans la salle des sabliers où s'écoulent les vies de tout les habitants du Disque-Monde. Ysabell tente de limiter les dégâts autant que possible...

A la fin, Mortimer tombe sur son propre sablier : il ne reste que quelque grains, il va bientôt mourir, mais la Mort le retourne au dernier moment.

La conclusion scelle le mariage entre Mortimer et Ysabell. La Mort a réussi à parlementer avec les Dieux pour qu'ils arrangent la situation qui était assez contrariante pour tout le monde. Tout est bien qui fini bien, et comme dans toutes les bonnes histoires, la Mort est triomphant !

Terry-pratchett

Ce roman est le premier des Annales du Disque-Monde que je lis, et je dois dire que ça fait du bien ! Nombre de bloggers ont récolté des phrases géniales à replacer dans une conversation mondaine, c'est pourquoi je ne vais pas vous faire cette offense. Après tout, je ne tiens pas à ce que l'on m'accompagne dans mes activités mondaines. Humour au top (et pas que de l'humour noir), bouffonneries, maladresses à tous les étages. C'est franchement une oeuvre géniale, qui mériterait d'être plus connue en France.