Nous sommes de retour sur mars, mais cette fois-ci, ce n'est pas avec un groupe d'enfants confronté aux désirs de firmes internationales, mais plutôt un mec seul confronté à l'isolement sur la planète rouge. En comparaison au précédent, la colonisation y à à peine commence, elle en est grosso-modo au niveau d'Apollo 13 sur la Lune.

Le photographe est pas foutu de faire une image sans brouillard.Grande

Et justement, si je parle d'Apollo 13, ce n'est pas gratuit. Tout est lié dans ce blog, c'est vraiment génial ! Bref. Il s'agit de la troisième expédition sur Mars, et là, comme dirait l'autre, c'est le drame ! Une nuée de débris de satellites (je confonds avec gravity, désolé...) Une tempête de sable les surprend à peine une semaine après leur installation. Comme ils n'ont pas regardé le bulletin météo, ils ne pouvaient pas savoir ce que serait le temps, ni s'ils devaient se couvrir. L'antenne de communication de la base est arrachée, et dans la panique, les astronautes courent à la navette pour repartir. Tous ? En mode "maman, j'ai raté la navette", Mark Watney se retrouve coincé sur la planète, blessé, et surtout seul. Pas de chef pour lui donner des ordres, pas d'impôts dans la boîte aux lettres : le pied.

Les compagnons sont déjà loin quand il se réanime avec le scaphandre qui sonne dans tout les sens pour lui sommer de respirer moins d'oxygène, au risque de se retrouver à cours. Une bien mauvaise nouvelle. Sans demander son reste, Mark se précipite dans l'habitat. Il est sauvé.

marspatates

Suite à ces évènements, iGauchel lui prend une fringale. Oui, je sais, il pense qu'à bouffer ! Il décide alors de vérifier les stocks de bouffe. Il en a pour quelque mois, ce qui n'est pas si mal. Mais comme il prévoit de rester sur la planète un bout de temps, il n'aura pas assez. A force de chercher, il trouve une soluce : un bon gros sac de patates généreusement laissé par la NASA pour fêter la thanksgiving comme il se doit (c'est-à-dire en épluchant des pommes de terre). L'odeur des bonnes frites baignées dans l'huile le motive à lancer une plantation. Cela dit, si il arrive à mélanger du sable martien avec son caca, il lui manque de l'eau (y en a dans les cuves, mais pas assez). Qu'à cela ne tienne : il se souvient parfaitement de ses cours de chimie de première S. Il arrive donc à produire de l'eau avec le carburant de sa capsule inutilisable. Assez doué (malgré quelques ratés).

Les soirs, pour rigoler, il fouille dans les affaires de ses compagnons, et s'attarde sur leurs historiques internet. L'un d'eux écoute beaucoup de disco, un autre adore les beatles et Agatha Christie, quand le dernier ne regarde que des séries des années 70 (alors qu'ils doivent être en 2030, dans le meilleur des cas). Deux choses surprennent dans cette investigation : il est étonnant que l'ensemble de ses potes aient le goût des antiquités (pas une série des années 2000 n'est mentionné, encore moins de 2020, le second âge d'or des séries TV), et pas un seul film porno. Là, je dois dire que je suis perplexe.

Bref. Le problème de l'alimentation, et de l'occupation est résolu. Il faut maintenant essayer de communiquer avec la Terre. Mais puisque l'antenne est cassée, c'est impossible. Mais Mark est malin comme un singe : il est à  à peine quelque centaines de kilomètres de Pathfinder et Sojourner. Vous savez, le premier robot qu'on a envoyé, et dont on a plus de nouvelles pour de sombres raisons de batterie à plat (typiquement la raison qu'on peut entendre à la gare pour expliquer le retard d'un train).

Besoin de perfectionnement pour le téléguidageAlors, il faut se mettre en route. Gros bidouillage des deux véhicules tout terrain qu'il a à disposition. Il enlève la batterie de l'un, l'installe sur l'autre, ajoute des panneaux solaires sur le toit pour réduire ses impôts, fait des stocks de bouffe, et peut enfin y aller. Je ne vous le cache pas, le voyage est long et pénible, mais il s'y accroche, récupère le scarabé mécanique en panne, et rentre à la maison sans céder la priorité à droites une seule fois. Chose tout à fait normal, vu qu'il est le seul sur la route.

Rentré au bercail, et quelques coups de tournevis plus tard, pathfinder remarche. Mark va enfin pouvoir se connecter sur internet et retrouver ses sites internet pour adulte préférés. Nous sommes 100 jours après l'incident, et la NASA capte le signal. Tout est bien qui finit bien !

Enfin, pas si bien que ça, puisque maintenant il est obligé de communiquer avec la NASA. Franchement, tout ça pour ça : si on va sur Mars, c'est quand même pour profiter du calme, non ? Ben maintenant qu'il a renoué contact, c'est mort. Le narrateur en profite pour passer par les locaux de la NASA où ils sont tout contents d'avoir des nouvelles de l'astronaute. Ils font des réunions avec des spécialistes, et donnent des conseils au type qui s'est débrouillé tout seul pendant 100 jours. Cela dit, si ils sont obligés de faire une annonce dans le journal de TF1, ils se disent qu'ils vont cacher la nouvelle aux compagnons de Mark, pour faire une bonne blague à leur retour.

Les mauvaises nouvelles n'arrivant jamais seules : après avoir contacté la NASA, le sas de décompression de l'habitat explose et atterrit au loin avec Mark dedans, sinon c'est pas drôle. Le morceau est à peu près intact à part une fuite d'oxygène mystérieuse. La meilleure façon pour la trouver sera d'allumer un feu. Il arrache une manche de sa combi, et se crame les poils. La fumée lui montre l'origine de la fuite. Reste plus qu'à colmater la brèche... et à colmater le petit accroc de la combinaison. Après ça, il a le choix entre aller mourir dans son rover, ou aller mourir dans son habitat. Comme il aime le confort, il va jusqu'à l'habitat en faisant rouler le sas.

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Sa belle culture de patate n'a pas survécu à la dépressurisation. Ca valait bien le coup de se faire chier, c'est moi qui vous le dit. La prochaine fois, il réfléchira avant de planter du muguet !

A situation exceptionnelle : la NASA avoue à l'équipage qu'elle lui faisait une blague.

Le besoin de nourriture se fait  sentir, et le mac drive le plus proche est à 225 300 000 km. Il faut organiser la livraison. Plusieurs plans sont mis en place. Le premier consiste à charger une fusée, puis de l'envoyée à pleine puissance dans l'espace. Pleine puissance, à la NASA, ça veut dire que les yeux s'enfoncent dans le cerveau, que le cerveau s'écrase au fond du crâne, et que l'anus fait une descente d'organe. La teuf, quoi. Heureusement, la bouffe va pas faire de descende d'organe. Sauf que la vitesse est si forte que la nourriture est broyée.

Pendant ce temps, sur Mars, Mark envoie des mail à la con à ses anciens coéquipiers.

Les solutions qui se présentent à la NASA consistent à renvoyer une fusée du même accabit que la précédente, ou de demander à l'équipage de retourner sur Mars. La première solution est de renvoyer une fusée, l'autre consiste à livrer l'équipage sur le retour. La première est adoptée, sauf que l'une des têtes pensantes n'est pas d'accord, et il envoie un mail à l'équipe. Ni une ni deux, pour la simple raison que les blagues et les touche-pipi de mark leur manquent, ils décident de faire le tour de la Terre et de repartir.

Comme toute l'humanité les soutient, la chine décide de les aider en leur envoyant entre autre des nems et des rouleaux de printemps et de quoi les aider à repartir.

Après quelque entraînements autour de l'habitat, Mark équipe son rover. Il accroche celui qu'il a désossé pour en faire une remorque (en découpant le pare-choc avec une perceuse, s'il vous plait !), fait le plein de patates et de végétaline, et c'est parti. Direction la station d'atterissage prévu pour la 4e mission habitée vers Mars. D'ailleurs, on dit atterrissage, ou amarsissage ? Parce que bon, il n'y a pas encore beaucoup de planètes accessibles, donc ça fait pas beaucoup de mots, mais quand il y en aura plus, ça sera le bordel. Déjà que chaque pays donne un nom à ses employés qui vont dans l'espace : spationaute, cosmonaute , astronautes, et taikonautes...  On n'a pas fini.

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C'est le jour J, le départ. Le départ se fait bien, vu que le terrain est une plaine. Mark est même très heureux parce qu'il prend de l'avance. Par contre, il ne peut plus contacter la terre, son kit main-libre est mort. Tant pis. Donc, c'est reparti pour un tour, mais là, il a bien plus de distance à parcourir que quand il a été chercher pathfinder.

Seulement, à la NASA, on commence à s'agiter sur son siège. Ce n'est pas l'affaire d'une quelconque punaise oubliée par hasard, mais une tempête de sable qui va occulter le soleil, et empêcher de charger les batteries à bloc. Plus tard, Mark réalise que ses batteries se remplissent pas assez. Le seul moyen qu'il trouve, c'est de disposer des panneaux solaires à quelque kilomètres d'intervalle pour savoir où ils se remplissent le plus, et donc où il doit passer pour éviter. Oui, je sais, c'est complètement con. C'est comme mesurer la force du vent avec un doigt mouillé. Mais ça marche. Sans doutes parce qu'il reste 50 pages à lire. Deuxième coup dur : une arète rocheuse qui renverse le rover. Pas de chance, le gars.

Bon, il s'en dépêtre, arrive au module. Un petit coup de bob le bricoleur : le voilà prêt. Dans le ciel, le souci, c'est que la navette vers Mars va bien trop vite. Pendant ce temps, Mark, qui a repris contact à la NASA pour vérifier si il a reçu ses mail de mailorama se laisse guider par la Terre. Deux ans qu'il est sur Mars, ça fait trop long. Une pause s'impose.

Les 12G du décollage l'assoment, mais ses ex- et futur-coéquipiers gèrent la fougère. Ils arrivent à le choper un peu comme si on arrivait à passer d'une voiture à l'autre à 130 sur l'autoroute par la vitre de la portière passager. Cherchez pas, ce sont des spationautes. Je tiens juste à préciser qu'en plein trip, Mark propose de se diriger en persant un trou dans le bras de sa combinaison. Heureusement qu'on lui dit qu'il en fait trop, et qu'il n'y a pas le temps pour cette connerie : il reste à peine trois pages, sachant qu'il leur faut au moins un paragraphe pour parler du riz cantonnais qu'ils devront manger chaque vjour du retour. Ca change de la patate.

Dans la navette, Mark réalise qu'il pue quand ses coéquipiers se demandent si finalement, ils n'auraient pas du le laisser empuantir la planète Mars.

Fin !

Franchement, je dois le dire, le livre est vraiment pas mal. Je comprends pourquoi il va être adapté deux ans après gravity et un an après interstellar. Si un jour je vais sur mars, ou si je traverse la rue, je le prendrais comme guide de survie en terre étrangère. Le suspens est bien mené, alternant entre des moments de gros problèmes insolubles, et ceux où le héros est sur son petit nuage de réussite. Pour ceux qui sont terrorrisés par les descriptions très techniques presque hard-science, sachez que le personnage a un humour vraiment cool, qui fait passer la pilule des formules scientifiques. Un peu comme un prof de maths qui dit des blagues entre exercices.

Et puis, le roman va être adapté au ciné par Ridley Scott, le gars qui a fait exodus (sur le sable egyptien), kingdom of heaven (sur le sable de Jérusalem), Gladiator (sur le sable d'une arène), bref, que des films avec du sable : sur Mars, il sera dans son élément.

Andy Weir. Je vous épargne son CV, c'est le genre 1e de la classe